Philosophie critique de l'astrologie




                          MÉTHODE DE TRAVAIL

          configurations bâclées et positions dans le ciel non vérifiées




                       

                                                              copyright Astroemail 2014


                    LA CONJONCTION IMAGINAIRE D'UNE ÉTRANGLEUSE



Clarifions tout de suite le sens de l’emploi du mot «étrangleuse» dans le contexte astrologique de ce billet. Il s’applique aux données d’une configuration compressée, corsetée,selon une méthode initiée par une personne que Mme Magos cite en référence de ses écrits : «je m’inspire pour l’interprétation du livre d’Astrid Fallon : Cycles et calculs astrologiques. Ed. du  Rocher 1998, et de ses récents livrets des cycles planétaires pour l’Astrologie en 3D. ». Les chrétiens ont l'habitude de dire ''Heureux les simples d’esprits''. Est-ce le cas de Mme Magos?


Qu’en est-il ?


Sur la page de son site LES CONJONCTIONS SERREES ET COMBUSTES EN 2014, Mme Magos liste plusieurs évènements concernés par ses propos en cours d’année auxquels elle applique ce qu'elle a lu. Intéressons nous par exemple à la "conjonction" Vénus Neptune en date du 12 avril 2014. Caractérisée d’un serrage exécuté selon les règles prescrites par Mme Fallon. Qui dit serrage, fait immédiatement penser à étranglement, ainsi qu'aux exercices auxquels se livrent les maîtresses dominatrices dans leurs donjons sur leurs soumis.



Mme Magos, qui n'est ni maîtresse, ni dominatrice, mais vraisemblablement une soumise, mesure le degré de serrage de sa corde avec la précision du pied à coulisse en ces termes  «Les conjonctions serrées (de moins de 1° en longitude et déclinaison) concernent deux planètes». Rappelons que longitude et déclinaisons font mauvais ménage. Ces termes mesurent des grandeurs différentes, sans rapport entre elles, évitez de les confondre comme Mme Magos.


1°, sur sa carte, cela représente quoi ? 1 millimètre ? Une vue de l’esprit ! Autant dire Rien ! Dans la réalité, Mme Magos, comment se chiffre cette mensuration? Combien de millions de kms? Ce millimètre de votre carte écran d’ordinateur? C’est cette mesure exacte qu’il faut donner, au lieu de l’illusion trompeuse et abusive de la taille du point pica de votre dessin.


vénus neptune serrées selon les dires de Mme Magos : 1 millimètre pour x millions de kms


Pour quelle raison n’en dites vous rien ? Parce que vous savez que cette donnée détruit, et ruine, tous les propos tenus sur les exercices d’étranglement ? Vous êtes plus à l’aise avec l’imaginaire ? Cela se comprend !


Revenons à Vénus et à Neptune, pour lesquelles Mme Magos donne les valeurs suivantes :


Vénus-Neptune  06 POI 41/ DD   12.04 /02h22    Conj.serrée/0°36


36 minutes, c’est l’étouffement. Enfin cela dépend de la distance. Mais dans son exercice pratique Mme Magos cache les mesures exactes en se retranchant derrière des données que le lecteur se représente mal. C'est quoi exactement 36 minutes sur un cercle de 360°? Le lecteur situant mal les rapports, imagine que 36 minutes, en fin de compte ce n'est rien qu'un garrot bien serré. Exactement où veut en venir ce concept délirant de la compression. Si ça dure trop longtemps les planètes crèveront-elles? Surprenant tout de même que Mme Fallon ne donne aucune indication sur le temps de garrottage nécessaire. Car à lire Mme Magos on en retire l’impression que le lasso passé aux cous des deux planètes et instantané à 02h22. Rien avant, rien après. Quid du temps mis par les planètes à se mettre en place? Minuté chrono. Les "exécutrices" manquent de précision dans l’application de la torture qu’elles infligent avec leurs systèmes de mesure


Mme Magos précise d’ailleurs en commentaire qu’il est inutile de sortir les mouchoirs pour cette épreuve infligée à Vénus et à Neptune le 12 avril :


« En transit : que votre élan de compassion ou artistique ne s’applique pas dans le milieu adéquat. »


Une explication plus nébuleuse que celle là, il faut du temps pour en trouver, mais vous êtes tout de même prévenu de la tonalité générale, le 12 avril âmes sensibles s’abstenir. Est-ce vrai ? Il est permis sérieusement d'en douter.


Puisque Mme Magos, sur les conseils d’une "dominatrice experte en serrage d'écliptique" s’exerce à torturer Vénus et Neptune, vérifions, tout d’abord si c’est vrai, ou si tout simplement cet étranglement exprime le délire d’une pensée égarée. Non celle de Mme Magos, elle est une victime dans cette histoire. Plutôt celle de l’instigatrice de ce concept. Consistant à faire croire, aux simples d’esprits, peuplant la communauté du signe dans le ciel, que la maîtrise des données de serrage au degré, ou à 30 minutes d’arc près, comporte des significations interprétatives.



Où se trouve exactement Vénus le 12 avril 2014 ?

C’est important de le savoir ,car Mme Magos s’enorgueillit d’employer un logiciel disposant de fonctions toutes plus surprenantes les unes que les autres. En l’espèce elle fit l’impasse sur les capacités de son outillage. Dans un jargon inintelligible Mme Magos situe l’étouffement à 06 POI 41. Comprenez 06 degrés Poissons 41. Incapable de travailler sur un cercle gradué en 360°, Mme Magos raisonne par cases de 30°. Sa mesure en longitude d’écliptique doit se comprendre ainsi 336,41°.


Le 12 avril, aprés trois contrôles différents, et contrairement à ce qu’énonce Mme Magos, Vénus se trouve orbitalement à la longitude 257,79°. Visuel ci dessous. Ce n’est pas non plus celle de Neptune à 335°34. Ces données  de positions orbitales réelles VRAIES diffèrent de celles de Mme Magos. Première observation, ses relevés de position sont faux.



Transposés en géocentrique, ces positions, notamment celle de Neptune gagne subitement 1 degré de plus et devient 336,69° Ce qui laisse songeur sur la notion de serrage appliquée par Mme Magos, et la qualité de l’étranglement des écrits de la spécialiste en serrage de coui coui planétaires. Un degré représente tout de même de la distance, et parfois des millions de kms. Nous sommes loin du millimètre de la carte de Mme Magos. Etouffer dans ses conditions ne signifie plus rien, tout comme les notions de serrage de Mme Fallon.


Poursuivons notre démonstration, selon laquelle, le 12 avril 2014, contrairement à ce que soutient Mme Magos, on ne constate aucune conjonction Vénus Neptune.


Procédons à la transposition des positions planétaires. Mme Magos travaille sur une mécanique primitive selon laquelle la terre est le centre (géocentrisme astrologique) et les planètes révolutionnent autour d’elle sur une seule et même ligne, celle de l’horizon. Vous avez le visuel ci dessous pour vous représenter ce que donne cette Mécanique. Ce géocentrisme astrologique diffère du géocentrisme astronomique, en ce sens que ce dernier place chaque planète sur un système de cercles déférents, autour de la terre. Il convient donc de traduire les positions orbitales réelles, citées, en positions géocentriques astronomiques, puis enfin en géocentrisme astrologique. Ce dernier se caractérise par le placage des planètes sur le pourtour du cercle écliptique à leurs degrés de longitude. Le mode écrasé que l’on retrouve dans le tracé des cartes astrologiques.


le géocentrisme astrologique fausse la vision par l'alignement de toutes les planètes sur une même ligne d'horizon


En orbital, le 12 avril 2014, la terre se situe sur la longitude 202°. Cette donnée donne la place relative de la planète, car c’est à partir de cet emplacement que le géocentrisme astrologique projette les autres positions planétaires.    



Vénus en orbital se situe à 55° degrés de longitude de plus que celle de la Terre. En géocentrique astronomique cet écart se traduit, compte tenu de la distance Terre Soleil de 149 millions de Kms (1UA) par un écart supplémentaire de 79° degrés de longitude. Vue de la Terre, Vénus se trouve sur une position relative erronée, fausse. Alors qu’en revanche la différence des positions de Neptune ne subit qu’un degré et 35 minutes de différence. De la terre Neptune est « vue » avec un 1°35 de plus. C’est largement du au fait que Neptune se situe à 28 fois 149 millions de la terre (29 Ua du soleil), ainsi qu’à sa vitesse de rotation (5,44 kms/s) inférieure à celle de la Terre (29,80 kms /s). Toutefois, si vous envoyez une fusée, à la vitesse de la lumière, dans cette direction de Neptune, de 336,69° elle se perdra dans l'espace, sans arriver sur la planète. Cela signifie que Neptune elle non plus ne se trouve pas exactement au rendez-vous prévu.




Ces données, ainsi précisément transposées, rendent totalement inopérant le discours de serrage micrométrique de Mme Fallon. Sur l'écliptique, où elle exerce ses talents, et ailleurs. Finalement, elle décrit, selon un concept loufoque de boulonnage, au degré près, des événements totalement imaginaires, avec des planètes absentes dans son planning, en leur attribuant des influences toutes aussi fantaisistes, fausses,et extravagantes. Soutenir, comme le fait ingénuement Mme Magos, que le 12 avril 2014, un serrage de 36 minutes s'observe sur l'écliptique entre Vénus et Neptune, c'est un joli bobard. Mme Magos ne peut en supporter la faute, car elle applique une méthode sans en être l'auteure. Personne ne lui a appris à décéler les lapins planétaires. Elle travaille sur relevé de Mme Fallon. Avant de se muer en étrangleuse de planètes sur l'écliptique,Mme Fallon a loupé les cours de chasse destinés à traquer les lièvres, et les lapins de garennne, du système solaire. Il n'est jamais trop tard pour elle de s'y mettre. C'est son intérêt, pour sauvegarder sa crédibilité.


De ses données il résulte d’une part, que le 12 avril il n’y a PAS de conjonction Vénus Neptune. Une illusion, rien d'autre. Vénus ne peut se trouver à la fois en orbite vraie sur 257 de longitude, et sur 336 au même moment. La seule position valable est celle de l'orbite. Mme Magos à l’avenir pistera, elle même, les mouvements dans le ciel, car se fier aveuglement aux recueils de positions expose à devenir victime des mirages. D’autre part, les propos d’exactitude de Mme Fallon dans l’étranglement des conjonctions planétaires sont suspects. Puisque dans l’application, qu’en fait fidèlement Mme Magos, sur ses instructions précises, il apparaît qu'en réalité Vénus pose un lapin planétaire à Neptune le 12 avril 2014, qu'ignorait Mme Fallon. Il faut revoir les plannings et les horaires.


On en déduit que les calculs astrologiques de systèmes d’étranglement par dessus l'écliptique, de Mme Fallon, sont vulnérables aux lapins planétaires. Elle décrit des serrages en conjonction avec des planètes dont l'une en balade ailleurs, fait faux bond. Merci Liliane Perrault, pour ce conte astrologique de Vénus et de Neptune. Merci Astrid, magicienne des illusions.


Tant que des astrologues, ou apprentis, par paresse, comme par ignorance, des contraintes de ce métier, travailleront sur des recueils, leur donnant des positions planétaires fausses, sans en vérifier dans le ciel les positions exactes, ils s’exposeront à rencontrer régulièrement des lapins du genre de celui de Vénus Neptune du 12 avril 2014.


D’autres aspects 2014, listés par Mme Magos sur sa page ,sont faux eux aussi. A elle de les chercher. Quel bon exercice que celui d’occuper ainsi sa retraite à débusquer les lapins planétaires. Pour se maintienir en forme en prévision des grands safaris de l'espace. Une nouvelle spécialisation ghostbusters se présente en astrologie, ghostbustersplanets. Traqueurs de Planètes fantômes.



© GDB 2014




Claude Thebault, Gauthier de Bruges "Dark Side of Astrology from fixedness to mobility, obscure and physically separate"  New York 2013








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