Philosophie critique de l'astrologie


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                          La trahison des dieux déchus





                           


Paul Couderc, auteur du premier Que Sais-je de l’astrologie écrivait ceci au chapitre III, Valeur de l’astrologie,  à propos des noms planétaires :


« Oui, le Soleil chauffe la Terre et y entretient la vie : mais il ne s'ensuit pas qu'il s'intéresse à vos affaires de cœur; oui, la Lune participe aux marées, mais elle ne vous conseille pas dans le choix d'un billet gagnant; oui, la planète Mars est rougeâtre, mais ce rouge n'est ni celui du fer rouillé, ni celui du sang: elle porte le nom du Dieu de la guerre, mais ce nom que nous lui avons donné n'implique en rien qu'elle intéresse les vertus guerrières ni qu'elle engendre les conflits; oui, Jupiter est une belle planète, mais sa présence au milieu de votre ciel de nativité ne garantit en rien votre succès au Baccalauréat (il vaut mieux avoir étudié le programme). »


Mars porte le nom du dieu de la guerre, mais ce nom n’intéresse ni les vertus guerrières, ni les conflits. Début!

Et d’ajouter ensuite :


« caractériser le genre d'erreur propre à l'astrologie dès son origine: d'une influence vraie, elle a passé à d'autres relations imaginaires… »


Observation intéressante mais en sautant au moins une, ou deux étapes, importantes. Notamment celle de la référence, ses paradoxes et ses lois.


Le système de la référence caractérise la capacité à désigner des objets. La relation entre le mot, et le contenu auquel il renvoie.


Paul Couderc, esquiva cet aspect, même s’il le cite, sans s’y arrêter, parce qu’il pose un problème fondamental. Le nom propre désigne un individu, Socrate par exemple pour l’homme en lui-même, son identité et sa personnalité.


Les noms communs se rapportent à une pluralité d’objets. Voitures ou automobiles se rapportent aux modèles, et aux marques existantes, en général, en l’absence d’une caractéristique précise. Evocatrices d’un concept de mode de transport à moteur à quatre roues. L’idée image représentant une réalité.


Les mots ont en général une signification, laquelle évolue avec le temps. Chaque langue a ses mots, et les dictionnaires linguistiques permettent les traductions pour s’accorder sur les sens attribués dans chaque culture.


Les mots ont des significations particulières en fonction des choix sociaux. De ce point de vue, les associations religieuses antiques entre les noms des divinités, et les planètes, créèrent des relations de croyances, à des époques données. Lesquelles avec le remplacement du polythéisme, par le dieu unique, se diluèrent au fil des siècles, sans s'effacer. Et dont l’astrologie recueillit le souvenir, à raison du fait que son principal initiateur, Pythagore, et non  Ptolémée, institua la religion de l’âme basée sur l’usage d’un outil circulaire imitant les mouvements planétaires des planètes déifiées. A ce jour aucune religion n’a encore osé copier ce mode opératoire. Pythagore était, certainement, très très, en avance, y compris sur notre époque, de plusieurs longueurs.


Paul Couderc avait-il raison d’écrire que Mars n’intéresse ni les combats, ni les agressions, pour le siècle présent? Les croyances du passé, prescription non acquise, en dépit de dix sept siècles de monothéisme, car le dieu des chrétiens, à peine ressuscité, partait, pour ne plus revenir. Laissant ses fidèles se débrouiller seuls. Alors qu'il avait la vie devant lui pour établir, ainsi qu'il l'annonçait, le royaume de dieu. Imposture chrétienne? Les anciens dieux trahissent-ils, eux aussi, parce que leurs cultes ne sont plus honorés dans leurs temples détruits? La raison a-t-elle supplanté la croyance en otant à la planète Mars l'usage des armes et de la castagne?


Et l’on se trouve dans la situation de faire usage de mots devenus, selon certains, au fil du temps, sans référence, pour des motifs religieux. Les divinités, leur servant de support de manifestation, de sens, et de signifiance devenues support de superstitions, sous des appelations diverses, d'origines, plus ou moins, contrôlées : symbolisme notamment.


Les astrologues croient, ou le prétendent, que les mots qu’ils emploient, notamment via le symbolisme planétaire, offrent une vision cohérente du monde. Un mythe! Alors il y en a qui en font commerce, semble-t-il rentable. Luc Bilgé notamment, propose sur internet ses vidéos symbolistes à 9,99 euros. Audray Gaillard Sandrine fut prompte à en comprendre la portée, puisque depuis le début 2015 elle propose, elle aussi, sur son site des vidéos symbolistes mensuelles au même prix. Du parasitisme. Détournement des offrandes destinées aux autels du polythéisme? Ou comportements modernes de nouveaux Denys de Syracuse pilleurs sacrilèges ?


Deux exemples, en tout cas, du mercantilisme de la référence et de ses rapports financiers.


Les marchands du temple croient que l’effacement de la signifiance se remplace par n’importe quoi. Une observation attentive de ces vidéos commerciales montre qu’elles se vendraient tout aussi bien en changeant les accroches employées par le texte $t=5°cv[zer23]£&, assaisonné de vues spatiales. Elles aussi, de type imaginaire, et donc forcément déceptives. Ces animations, dépourvues de caractères distinctifs, ne sont ni des signes, ni des dénominations, caractères usuels de la chose, et du contenu annoncé. Sans désignation de caractéristiques puisque les mots, les interprétations, jusqu'aux positions, appartiennent aux standards, répandus, des clichés communs. Des banalités, sans qualité, ni destination d'usage, de valeur, ou de provenance. Exclusivement constitués de formes imposées par la nature du bobard, la fonction présumée inventée, ou le mélange des deux. Finalement destiné à tromper le public. Certains s'y autorisent, vendant des montages, facilement réalisables avec le logiciel After Effects. Insinuant, par exemple, l'existence de croix dans le ciel accompagnée de 2 carrés, sous le titre "la croix du Soleil". « La croix formée par le Soleil la Terre, et les deux carrés qui complètent cette opposition Terre Soleil ». La croix, la Bible fait vendre la superstition. Bien évidemment aucun crucifix ne s'observe dans l'espace. La vente de "l'ignorance", en astronomie, à celles et ceux désireux de l'acheter, donne des résultats appréciables en euros! Peu importe les confusions suscitées dans l'esprit du public. "L'Université du Passage", commercialisant cette animation "formatrice" de l'inculture, combien a-t-elle de facultés? En plus de celle de l'incompétence? Cet établissement, vraisemblablement non conforme aux dispositions du Code de l'Education Nationale, se réfère, pour enseigne, à l'institution régulée par le Service Public, connotant ainsi de la fiabilité, dans l'esprit du public, à une activité en défaut d'identification.


La loi dispose, notamment, que "les ressources numériques",des universités, dont les vidéos font partie, sont "mises à la disposition de ses usagers" (L.123-4-1). Les vidéos de l'Université du Passage devraient en conséquence être gratuites, au lieu de payantes. Le public est en droit de réclamer à l'Université du Passage l'usage en libre service, sans abonnement à 99 euros l'année, de ses vidéos. En cas de refus, pour quelques motifs que ce soient, de saisir alors le ministre de l'Éducation Nationale, par simple lettre, en se plaignant de l'opposition d'un établissement prétendu, réel ou supposé, en tout cas utilisant une dénomination du service public de l'Éducation, de mettre à disposition d'usagers son matériel numérique, ainsi que la loi le prescrit. Université : mauvaise pancarte commerciale, si la structure correspondante s'avère déceptive. L'amende, pénale, prévue par le Code en répression étant de 3 750 euros, si un tel établissement fonctionnait sans accréditation. Sauf à changer le nom en universalité. Puis à régler ensuite la conformité avec le droit de la formation pour la vente de vidéos ineptes.


L'astrologie monte rapidement à la tête, et les dérives se manifestent. Notamment si, sans autorisation, un établissement de formation, non conventioné, non déclaré, fonctionnait derrière ce site Wordpress dépourvu de représentant.


L'Université du Passage, sous réserve d'appréciation spécifique, semble caractériser une activité illégale. Notamment la référence, sujet de ce billet, à l'institution Université étant déceptive. Les vidéos, dite "de formation"  autre référence du mot, seraient, elles aussi, non conformes. Sans que les dieux soient concernés.


La référence présente des failles.

Notamment lorsque les mots ne renvoient à rien. Exemple la planète Chiron. Ses promoteurs, principalement Mme Teissier, ne peuvent invoquer une tradition religieuse pour mettre en place le lien relationnel de signifiance. Découverte au XXe siècle, absence de passé. D’aucuns s’obstinent à nourrir une connotation en symbolisme en faisant usage des mythologies. Homère appelé à la rescousse avec ses histoires de centaures, ivrognes et cannibales violeurs de femmes, et le centaure toubib. L’emploi de l’allusif marque le passage au métaphorique, par la perte de substance. Chiron, le caillou de l'espace, n’a aucun substrat, ni essence. Puisque le nom fut donné sans correspondance avec le mythe. Ainsi que beaucoup d'autres, Callisto, Pasiphaé, Sinopé, anneaux de Saturne nommés avant 1990, à titre d'exemple. Les tentatives de remplissage de contenu ne serviront à rien. Comme l’observait le logicien Quine «le nom d’un centaure ne renvoie à rien puisque les centaures n’existent pas ». Fut-il un médecin bicorporel  de vieux conte grec.


Lois de l’usage et du mésusage.

Ainsi Chiron ne référence rien, à part un nom de planète arbitraire, comme d’autres ont un numéro de série. HIP 8654789. Dans vingt ans Chiron ne signifiera rien, et certainement moins encore, qu’aujourd’hui, cela quelque soient les efforts de promotion déployés pour lui donner du sens. Première raison, et il en existe plusieurs, le parleur range le mot dans l’ordre de sa fréquence d’emploi. C’est la loi dite de la fréquence des mots, formulée en 1951. Le linguiste américain Kingsley Zipf énonçait une loi selon laquelle, le produit du rang d’apparition, avec le nombre d’occurrences est à peu près constant. Améliorant la loi de Zipf, Mandelbrot s’est aperçu que les fréquences des mots doivent être adaptées à la séparation des mots par les blancs. Ainsi la lune, avec la présence d’un blanc entre la et lune a une fréquence plus importante que Chiron, qui en est dépourvu, dans son usage, sans considération de sens susbtantiel. La Lune constitue un bloc. D’où un plus grand emploi de la lune. Chiron s’éteindra par moindre fréquence d’usage, peu importe le décès, proche, ou lointain, de Mme Teissier.


Il faudrait que pendant plus de 20 ans, des millions d’individus ne parlent que de Chiron, en comptant au moins 2 fois ce nom par ligne dans leurs messages, quotidiens, pour qu’il survive allusivement. Or y compris Mme Teissier dans son dernier livre  2012-2016 ne cite cette planète même pas une fois par page. Quarante lignes, par page, et 414 pages en tout. Occurrence inférieure à 1 ligne par page sur 414. Celles et ceux intéressés reproduiront l'équation de Mandelbrot, en refaisant les calculs.


Chiron, comme les astéroïdes, ne survivront pas aux brefs accès d’engouements actuels dont ils font l’objet, d’une part par le faible investissement projectifs, sur la durée, d’autre part la réduction de leur fréquence d’emploi.


La réalité se partage entre ce que nous désignons, et ce que à quoi nous n'attribuons un sens.


Sans référence, les gens se comportent sans logique, en s’abusant eux mêmes, s’auto persuadant que Chiron influence leur vie. Du moins leurs horoscopes. D'autres ce sont les astéroïdes, avec prédilection pour certaines appellations, plus évocatrices que d'autres. Dans le domaine du bizarre, des femmes préférent prendre le thé, lors de passages du caillou du même nom. Le goût en est-il meilleur? Le paradoxe de la référence est sujet à tous les égarements, comme à la manifestation de nombreux troubles de personnalité.


Les intervenants agissent en concertation. Les exploiteurs en retirent un avantage financier direct, immédiat, notamment Mme Teissier, promotrice de Chiron le guérisseur, avec la vente de ses ouvrages. Une espèce moderne de comtesse de Ségur écrivant des fables. Les vendeurs de vidéos à 9,99 euros. Les praticiens consultants. Puis les exploités. Lesquels ressemblent au public ayant vu la série des tableaux de Magritte consacrée au thème «la trahison des mots». Ils se croient, devant son œuvre «ceci n’est pas une pipe» capable de l’allumer, la bourrer de tabac, et la fumer. Alors qu'il s'agit d’une image. Une représentation, dépourvue de référence. Comme l’illustration de ce billet «ceci n’est pas un repas» montrant une jeune femme attablée avec l’illustration d’un plat tenant en mains couteau et fourchette. Ces consommatrices, et consommateurs, atteints de troubles psychogènes, manifestent des expressions de dérangements mentaux.


Mme Teissier, et les vendeurs de vidéos, eux aussi, aliénés, pratiquent des jeux pathologiques malsains.


Reste, enfin, l’auto référence

Paul Couderc écrivait «la lune participe aux marées mais elle ne vous conseille pas dans le choix du billet gagnant… ». Le paradoxe est que la Lune renvoie à elle-même en ce qu’elle énonce une vérité : son existence factuelle. La Lune physique devient alors le référent unique, obligeant à sa connaissance logique.


Or personne, en tout cas parmi les astrologues, ne s’est encore avisé d’étudier sérieusement la Lune, à partir de ses mouvements réels. Son sens reste, largement encore, dans le domaine du cliché, et du stéréotype : inconstance, imprévue, fantaisiste etc…


Une observation de ses mouvements montre le contraire de ces idées reçues. La Lune est régulière, et ses mouvements homogènes, périodiques, continus. Sa vitesse est moindre que celle de la Terre, ainsi que sa circonférence. On note un rapport de 1 à 36 entre la Terre et la Lune susceptible de constituer une résonnance. Dont il serait intéressant de connaître les applications, éventuelles. Le symbolisme employé est faux, alors que la réalité révèle des propriétés intéressantes.


L’action sur les marées, selon le propos de Paul Couderc témoigne de son action d’étirement et de compression, des liquides, manifestations de la gravitation 4 fois par jour, de la courbure de l’espace temps, c'est à dire le mouvement. La Lune renvoie donc à un sens.


Cette signifiance du réel, de nature auto référentielle, telle est l’ignorance des astrologues, avec leur emploi de noms planétaires dont ils méconnaissent la portée, et les caractéristiques, faute d'étudier les corps auxquels ils correspondent.








GDB et claude thebault éditeurs d'Astroemail 04/2015






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